Une alternative : le savon

Le savon, une valeur sûre

Contrairement aux gels douche (et aux shampooings) qui ont parfois un pH neutre, le savon est, par définition, basique (ou alcalin). Le pH moyen des savons est de 10. (Les soi-disant « savons » au pH neutre ou acide — 5,5 comme la peau — sont à base de dérivés de pétrole et donc à proscrire, évidemment !) Ce pH basique fait du savon l’allié de la toilette intime et l’ennemi juré des virus et des champignons, puisque ceux-ci ont tendance à se développer dans un environnement acide.

Évidemment, il est nécessaire de préciser que l’épiderme humain est recouvert d’un film protecteur (appelé film hydrolipidique) ; trop de lavages, surtout avec du savon (au pH élevé), nuiraient à ce film et pourraient même entraîner une sécheresse de la peau et d’autres problèmes cutanés. C’est pourquoi il est important de ne pas trop se laver… et de choisir un savon surgras (saponifié à froid) !

Un savon de qualité (voir encadré en bas de page) peut bien sûr être utilisé pour laver des cheveux gras (notamment pour les adeptes du no poo). Mais il vaudra mieux finir avec un rinçage à l’eau vinaigrée pour réacidifier le cuir chevelu.

Le saviez-vous ? Il suffit qu’un corps gras réagisse avec de l’hydroxyde de sodium (soude caustique)  ou de l’hydroxyde de potassium (potasse caustique) pour faire du savon. Cette réaction s’appelle la saponification.

Recette du savon dur :
corps gras + sodium hydroxide (NaOH) = saponification = savon dur

Recette du savon liquide :
corps gras + potassium hydroxide (KOH) = saponification = savon liquide

Comme vous pouvez le constater, qu’il soit liquide ou solide, le savon ne nécessite que très peu d’ingrédients. Aussi, un savon de qualité ne contient que très peu d’ingrédients.

Parmi ces savons de qualité, deux très connus sortent du lot : le plurimillénaire savon d’Alep et le multicentenaire savon de Marseille. Mais gare aux très nombreuses contrefaçons.

  • Le véritable savon d’Alep ne contient que quatre ingrédients : de l’huile d’olive, de l’huile de baie de laurier, de l’eau et de la soude caustique. Il est brun doré à l’extérieur et vert à l’intérieur (à cause de la chlorophylle). Le pourcentage d’huile de baie de laurier — un antiseptique naturel très puissant — peut varier de 1 à plus de 40 % ; plus ce pourcentage est fort, plus le savon est décapant (les savons d’Alep à plus de 20 % d’huile de baie de laurier peuvent être conseillés par le dermatologue en cas d’acné, d’eczéma, de psoriasis, etc.), aussi faut-il faire bien attention au moment de l’achat à ne pas prendre un savon d’Alep à plus de 20 % d’huile de baie de laurier.
  • Le véritable savon de Marseille ne contient jamais plus de six ingrédients, à savoir : de l’huile d’olive, de l’huile de palme, de l’huile de coprah (coco), du sel, de l’eau et de la soude (ou de la potasse pour un savon liquide). Il est vert lorsqu’il est à l’huile d’olive et blanc-beige lorsqu’il est à l’huile de palme. Le savon de Marseille est de forme cubique et estampillé sur ses six faces.

Cependant, le savon d’Alep et le savon de Marseille ne sont pas saponifiés à froid, aussi peuvent-ils ne pas convenir aux peaux les plus délicates — comme le visage et le cuir chevelu. Contrairement à la saponification à chaud (technique utilisée pour fabriquer la grande majorité des savons), la saponification à froid altère peu les propriétés des ingrédients utilisés et surtout permet de conserver la glycérine issue de la saponification (ce qui confère au savon un pouvoir hydratant).


Dans tous les cas, un savon de grande qualité est fait de peu d’ingrédients et ne contient aucune graisse animale (reconnaissable dans la liste d’ingrédients sous ce nom : « sodium tallowate »), il est fabriqué avec une ou plusieurs huiles végétales. Il ne contient pas de tensio-actif ni de conservateur car il n’en a pas besoin : un bon savon vieillit bien, comme le bon vin (à condition bien sûr d’être entreposé dans un endroit sec à l’abri de l’humidité et de la lumière). Pour les peaux sensibles, notamment pour le visage et le cuir chevelu, il est préférable de choisir un savon surgras saponifié à froid pour un lavage en douceur.


Les savons à base de graisse animale (sodium tallowate) qui inondent le marché sont de piètre qualité. Le seul intérêt des graisses animales est de conférer un pouvoir décapant au savon, chose qui convient parfaitement pour la lessive mais certainement pas pour la peau. De plus, ces savons sont bourrés de conservateurs (EDTA, PEG, etc.), ce qui témoigne de leur qualité nulle.


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4 commentaires

  1. Bonjour, je suis arrivée à lire cet article à la suite de celui sur les shampoings solides. du coup, que conseilles-tu pour les cheveux plutôt un SAF ou une de tes recettes de SS doux ? Pourquoi avoir les 2 si le SAF est très bien pour tout ? Merci pour ta réponse

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    • Bonsoir. 🙂 Par coquetterie (car je n’aime pas les cheveux ternes, secs ou poisseux), je préfère les shampooings. Le défaut principal des savons est leur pH basique qui ne fait généralement (et fort malheureusement) pas bon ménage avec les cheveux (pH acide). Parmi les choses qui augmentent les risques d’échec du lavage au savon : cheveux longs, eau calcaire, mauvais rinçage, manque d’acidité pour corriger le pH. Par ailleurs, les savons n’étant pas des produits lavants dilués (contrairement aux shampooings), ils sont en moyenne moins doux que les shampooings doux, même lorsqu’ils sont surgras (surtout si l’on compare à un shampooing liquide ou à la recette verte dans l’article que vous avez lu : le shampooing solide avec 30 % de tensio-actif dans le produit fini). Si je réussis un jour à faire un shampooing adapté aux cheveux et à base de savon, j’écrirai un article pour crier ma victoire sur tous les toits. 🙂 En espérant que cette réponse vous aidera…

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      • Merci beaucoup pour votre réponse. Oui ça m’a beaucoup aidé puisque je découvre la différence de pH entre un savon et nos cheveux 🙂 Du coup ça me pousse à me poser une autre question (oui je suis un peu relou). Si j’ai bien compris, les produits utilisés sur le corps doivent avoir un pH différent de ceux qu’on utilise pour les cheveux. Dans ce cas, quid des gels douche/shampoing liquide 2 en 1 ? Et là je parle du HM, marchent-ils vraiment pour les 2 ? J’en ai fait un pour ma fille et j’ai l’impression que ça lui assèche la peau (mais je ne sais pas si ça n’est pas notre eau calcaire plutôt) alors qu’il est à base de lait d’avoine…

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      • En fait, la peau (comme les cheveux) a un pH acide (5 en moyenne, de mémoire). Il est donc préférable d’utiliser des produits avec un pH neutre (7) ou légèrement acide pour la peau ET pour les cheveux.
        Pour différentes raisons, il est moins dérangeant pour la peau que pour les cheveux d’utiliser des produits au pH neutre ou légèrement basique. La surface d’un cheveu (la cuticule) est constituée d’écailles se chevauchant et garantissant la protection de la fibre capillaire. Un milieu chaud ou basique provoque le soulèvement de ces écailles. La surface du cheveu n’est alors plus lisse, il paraît donc terne et est surtout plus sujet aux nœuds avec ses voisins. Par ailleurs, si on utilise un produit lavant un peu trop efficace, le cheveu se retrouve complètement nu : sans sébum ni autre corps gras pour le protéger. (Le cheveu étant mort, il ne peut pas produire de sébum.) La peau en revanche ne souffre pas trop de ces problèmes : elle est un seul et même organe étendu (aucun risque du moindre nœud) et, si elle est lavée et se retrouve nue (sans film hydrolipidique), elle peut reconstituer son film hydrolipidique très rapidement (moins d’une demi-heure). Ceci dit, la peau est remplie de nerfs qui nous font percevoir l’inconfort lorsqu’elle est malmenée (contrairement aux cheveux).

        Il faut savoir qu’il n’y a pas de grande différence entre un gel douche et un shampooing liquide (au regard de la composition) : les deux servent à laver la peau. (En effet, on ne devrait pas laver les cheveux mais seulement le cuir chevelu, l’éventuel excédent de produit lavant passant sur les longueurs au rinçage devant suffire pour une bonne hygiène.)
        C’est curieux qu’un gel douche au lait d’avoine assèche la peau… peut-être un pourcentage de tensio-actif(s) un peu élevé ? ou une peau ne tolérant pas le(s) tensio-actif(s) utilisé(s) ? Une eau calcaire ne peut qu’empirer les choses, notamment la sensation d’inconfort, de tiraillement de la peau après évaporation de l’eau (c’est pour cela qu’il faut éviter le séchage à l’air libre et plutôt tapoter la peau avec une serviette).

        J’espère vous aider mais je ne sais pas si vous êtes beaucoup plus avancée…

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