Crash course sur la protection solaire

(Un « crash course » est un cours concis : très rapide mais aussi très dense.)


Pourquoi devrait-on se protéger du soleil ?

sun shield app
Icône de l’application Sun Shield

L’exposition régulière à la lumière du soleil est nécessaire pour notre santé, pour la synthèse de la vitamine D notamment. Ceci dit, l’exposition soudaine et excessive est dangereuse : coups de soleil, déshydratation, vieillissement prématuré de la peau, cancer, cataracte… sont autant de risques à prendre très au sérieux. Il faut savoir qu’il n’y a pas de façon saine et sûre de bronzer.

Du soleil nous parviennent sa lumière visible, sa chaleur et ses rayons ultraviolets (rayons UV). Les rayonnements UV se divisent en trois catégories :
– les UV-C qui sont filtrés par la couche d’ozone de l’atmosphère ;
– les UV-B dont plus de 90 % sont filtrés par la couche d’ozone (responsables des mélanomes) ;
– les UV-A qui ne sont pas filtrés par la couche d’ozone (responsables du bronzage, du vieillissement de la peau, favorisant les mélanomes).

L’émission documentaire médicale suisse 36.9° a réalisé le documentaire Crèmes solaires : faux messages et vrais cancers dont je vous recommande chaudement le visionnage en cliquant sur ce lien (Play RTS). On y apprend notamment que les crèmes solaires permettent de s’exposer au soleil plus longtemps avant que la peau ne brûle (coup de soleil), alors que cette réaction est justement un indicateur naturel et utile pour savoir quand on a été exposé trop longtemps.

Les rayons UV sont assez puissants pour décolorer la mélanine dans le cortex du cheveu à force d’expositions répétées (c’est la raison pour laquelle les cheveux sont plus clairs à la fin de l’été).

Comment se protéger du soleil ?

Respecter les sempiternelles recommandations des dermatologues reste le meilleur moyen de se protéger du soleil :
couvrir sa peau ! rien ne vaut une protection physique (un chapeau, des vêtements, un parasol, un bunker…) ;
ne pas s’exposer au soleil entre midi et 16 h ;
– appliquer une crème solaire en quantité généreuse et renouveler l’application toutes les deux heures et après chaque baignade ;
– rester à l’ombre mais ne pas oublier que l’eau et le sable (et la neige) peuvent réfléchir jusqu’à plus de la moitié des rayons de soleil sur votre peau !

Comment choisir sa crème solaire ?

Il convient de choisir une crème solaire avec un filtre minéral et de préférence sans nanoparticules et sans parfum.
Les filtres chimiques des crèmes solaires classiques ne sont efficaces qu’au bout d’une demi-heure après l’application. Un filtre chimique est conçu pour absorber une certaine longueur d’onde ; il faut en associer plusieurs pour former une protection efficace contre les UVB et les UVA. Ils peuvent pénétrer dans l’épiderme (couche supérieure de la peau) et causer des allergies ; ils sont donc déconseillés pour les peaux sensibles. Les filtres chimiques sont particulièrement nocifs pour la faune maritime (les coraux notamment).
Les filtres minéraux (oxyde de zinc et dioxyde de titane principalement), aussi appelés filtres inorganiques, sont des pigments blancs qui diffusent la lumière. Ils agissent comme un miroir : les filtres minéraux forment une barrière réfléchissante à la surface de la peau, empêchant la plupart des UV (UVB et UVA) de l’atteindre. Contrairement aux filtres chimiques, les filtres minéraux sont efficaces dès l’application et ne pénètrent pas dans la peau. Le seul inconvénient des filtres inorganiques est leur couleur blanche visible à l’œil nu. Pour contrer le phénomène d’écran blanc sur la peau, les industriels ont réduit la taille des particules inorganiques, allant jusqu’à en faire des nanoparticules. Or, la taille des particules influe sur la gamme d’UV absorbée (plus les particules sont petites, plus la gamme est restreinte) : les nanoparticules offrent une meilleure protection contre les UVB mais laissent passer bien plus d’UVA. Les nanoparticules inorganiques seules présentent un risque sanitaire (génératrices de radicaux libres) et doivent donc être enrobées de silice ou d’alumine. (Et quand on a vu le documentaire d’Arte Planète alu, on ne veut plus acheter le moindre produit cosmétique contenant de l’aluminium.) Conclusion : il vaut mieux éviter les nanoparticules. Par précaution, on peut préférer l’oxyde de zinc au dioxyde de titane.

Vous vous demandez donc : quelle crème solaire choisir ? D’après mes longues recherches personnelles — ayant passé en revue beaucoup de compositions de différentes marques classiques mais surtout des bio (Bioregena, Laboratoires Biarritz (Alga Maris), Eco Cosmetics, EQ, etc.) —, la marque Badger sort du lot avec ses listes d’ingrédients courtes dont un filtre minéral unique et commun : l’oxyde de zinc. Cette marque semble être la seule à n’utiliser ni nanoparticules, ni dioxyde de titane, ni aluminium.
Note : les autres marques que j’ai citées ci-dessus sont également bio et ont des compositions parfaitement convenables (filtres minéraux), d’une qualité d’un tout autre rang que les crèmes solaires classiques (filtres chimiques, nanoparticules, dérivés de pétrole, etc.).

Je rappelle au passage que bronzer, c’est abîmer sa peau, accélérer son vieillissement et augmenter les risques de développer un cancer cutané.

Que signifient les sigles « IP », « SPF » et « FPS » qui sont suivis d’un nombre ?

IP signifie « indice de protection » ; SPF signifie « sun protection factor », traduit FPS en français, « facteur de protection solaire ». Ces trois sigles sont des synonymes : ils désignent la même chose. L’IP est la capacité d’un produit à bloquer les rayons UVB (qui causent les coups de soleil). Un IP très élevé ne signifie pas une protection solaire beaucoup plus efficace ni une protection solaire longue durée.

  • IP 8 : bloque 88 % des UVB
  • IP 15 : bloque 93 % des UVB
  • IP 20 : bloque 95 % des UVB
  • IP 25 : bloque 96 % des UVB
  • IP 30 : bloque 97 % des UVB
  • IP 50 : bloque 98 % des UVB

Notes : Il est absolument inutile d’acheter une crème solaire avec un IP supérieur à 50. Aucun produit de protection solaire ne bloque 100 % des UV. Par ailleurs, les IP ne s’additionnent pas ! Le mélange d’un produit avec un IP 15 et d’un autre avec un IP 20 ne donne pas un IP 35.

Quelle protection naturelle pour les cheveux ?

À moins de rester cramer au soleil tout l’été ou de vouloir absolument limiter leur éclaircissement, il n’est pas nécessaire de « protéger les cheveux du soleil ». Les cheveux sont de la matière morte et ne risquent pas d’attraper un cancer. Néanmoins, rien n’empêche de prendre soin de ses cheveux tout en jouant au lézard.

huiles vegetales FPS

Comment appliquer correctement une huile végétale dans ses cheveux, sans excès ?

Mettre une ou plusieurs gouttes d’huile(s) végétale(s) dans le creux de la main, frotter les mains pour répartir l’huile jusqu’entre les doigts puis passer les doigts dans les cheveux, en insistant sur les pointes.

Selon l’huile choisie et la quantité utilisée, les cheveux peuvent avoir un rendu mouillé qui n’est nullement gênant à la plage. L’huile protègera jusque dans une certaine mesure les cheveux du soleil et du sel présent dans l’eau de mer (l’eau salée dessèche la peau et les cheveux).


Références
– Caducée.net, La vitamine D
– American Academy of Dermatology, Sunscreen FAQs
– World Health Organization, Ultraviolet radiation and Health
– 36.9°, Crèmes solaires : faux messages et vrais cancers, 2011, RTS, 33 minutes
– John Halal, Hair Structure and Chemistry Simplified, 2001, éditions Milady, 284 pages
– Syndicat national des dermatologues vénéréologues, Le soleil et les 10 commandements de protection
– CNRS, Anti-UV : rôle, nature et recherches actuelles
– EWG, Nanoparticles in Sunscreens
– WebMD, High-SPF Sunscreen: Are They Better?
– Le Pharmachien, 5 préjugés envers la crème solaire
– Badger Blog, SPF 25: is it enough to keep you safe?
– Health Tap, Is sun protection factor additive?
– Si les gens appliquaient correctement leur crème solaire, un IP 10 (ou 15 en zone tropicale) serait amplement suffisant. Par ailleurs, 97 % des textiles offrent un IP 10 ; plus de 85 % un IP 20. [1] [2]
– Raw Raw Beauty, Natural SPF Oils: Can You Use Natural Oils as Sunscreen?
– Elsevier, Characteristics of raspberry (Rubus idaeus L.) seed oil
– PubMed Central®, In vitro sun protection factor determination of herbal oils used in cosmetics


 

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